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Logion 114

Lecture rapide : Pierre veut exclure Marie de la communauté. Jésus répond qu'il va la transformer pour qu'elle devienne « mâle », et ainsi digne d'entrer dans le Royaume. Le dernier logion du recueil est son plus controversé.

Pourquoi ce logion est important - C'est le logion le plus controversé de tout Thomas, et il clôt le recueil - Il révèle un conflit réel dans les communautés primitives sur la place des femmes - Il est simultanément misogyne dans sa formulation et défensif de Marie dans sa dynamique narrative, une tension irrésoluble


Le texte

Texte français

Simon Pierre leur dit : Que Mariam sorte de parmi nous, parce que les femmes ne sont pas dignes de la Vie. Jésus dit : Voici que je l'attirerai afin de la faire mâle, pour qu'elle soit, elle aussi, un esprit vivant, semblable à vous, les mâles. Car toute femme qui se fera mâle entrera dans le royaume des cieux.

Copte (translittéré)

peje simwn petros nau je mare marixam ei ebol NxhtN je Nsxiome Mp¥a an Mpwnx peje IS je eisxhhte anok +naswk Mmos je kaas eeinaas Nxoout ¥ina esna¥w pe xwws NoupNA efonx efeine M mwtN Nxoout je sxime nim esnaas Nxoout snabwk exoun etmNTero nMphue

English (Lambdin)

Simon Peter said to him, "Let Mary leave us, for women are not worthy of life." Jesus said, "I myself shall lead her in order to make her male, so that she too may become a living spirit resembling you males. For every woman who will make herself male will enter the kingdom of heaven."

Notes de traduction

  • Ce logion final est le plus controversé de l'Évangile de Thomas. La demande d'exclusion de Marie par Pierre se retrouve dans l'Évangile de Marie (BG 17,18-22) et le Pistis Sophia, témoignant d'un débat récurrent dans le christianisme primitif sur le rôle des femmes.
  • « Que Mariam sorte de parmi nous » : ⲘⲀⲢⲒϨⲀⲘ (Mariham) désigne Marie-Madeleine, personnage central de la gnose et figure de la disciple par excellence dans les textes gnostiques.
  • « La faire mâle » (copte ⲈⲒⲚⲀⲤⲰⲔ ⲘⲘⲞⲤ ϪⲈⲔⲀⲤ ⲈⲒⲚⲀⲀⲤ ⲚϨⲞⲞⲨⲦ, einasōk mmos jekas einaas nhoout) : cette expression choquante pour la sensibilité moderne doit être lue dans le contexte anthropologique de l'Antiquité. Le « masculin » symbolise l'esprit, le complet, l'indivisé ; le « féminin » symbolise la matière, le divisé, le passif. « Devenir mâle » signifie transcender la dualité pour atteindre l'unité primordiale (cf. logia 22, 106).
  • On retrouve cette idée dans l'Évangile des Égyptiens (cité par Clément d'Alexandrie, Stromates III,13,92) : « Quand vous aurez foulé aux pieds le vêtement de la honte et quand les deux seront un... »
  • La tension entre la misogynie apparente du logion et l'idéal d'unification au-delà du genre est au coeur des débats thomasiens. Pour DeConick, il s'agit d'une addition tardive reflétant un ascétisme encratite.
  • « Le royaume des cieux » (au lieu du « royaume du Père » habituel dans Thomas) est un hapax thomasien qui rapproche ce logion de la terminologie matthéenne, renforçant l'hypothèse d'un ajout tardif.

Commentaire

Contexte et forme littéraire

Le logion 114, dernier du recueil, est le plus controversé de tout l'Évangile de Thomas, et l'un des textes les plus débattus de la littérature chrétienne ancienne. Il est unique : aucun parallèle canonique direct. La forme est celle du dialogue polémique : Pierre demande l'exclusion de Marie (probablement Marie-Madeleine), et Jésus répond par une déclaration qui semble simultanément défendre Marie et confirmer la hiérarchie des genres.

Le texte met en scène trois personnages : Simon Pierre (qui représente l'hostilité à la présence féminine), Marie (dont la dignité est contestée), et Jésus (dont la réponse est l'enjeu de l'interprétation). La même tension entre Pierre et Marie apparaît dans l'Évangile de Marie (Nag Hammadi BG 8502), dans Pistis Sophia, et dans le Dialogue du Sauveur, témoignant d'un conflit récurrent dans les communautés primitives autour du rôle des femmes.

La formule « faire mâle » (saares ehoout) est l'expression la plus choquante du recueil. Elle doit être analysée avec une grande attention au contexte anthropologique et cosmologique de l'Antiquité.

Contexte historique et anthropologique

Pour comprendre ce logion, il faut le situer dans le cadre anthropologique de l'Antiquité méditerranéenne. Le masculin y était associé au spirituel, à l'actif, à l'accompli ; le féminin au matériel, au passif, à l'inaccompli. Aristote enseigne que la femme est un « mâle inachevé ». Philon d'Alexandrie utilise le langage de la « virilisation » pour décrire la progression spirituelle.

Dans ce contexte, « devenir mâle » ne signifie pas devenir un homme au sens biologique. C'est une métaphore du passage du matériel au spirituel, de l'inachevé à l'accompli.

La contradiction interne du recueil est ici manifeste. Le logion 22 enseigne : « Quand vous ferez le mâle et la femelle un seul, en sorte que le mâle ne soit pas mâle ni la femelle femelle… », formulation qui abolit les deux genres. Le logion 114 semble n'abolir que le féminin. Cette contradiction a conduit DeConick à proposer que le logion 114 est un ajout tardif, incohérent avec le reste du recueil.

Analyse et interprétation

DeConick propose que le logion 114 soit un ajout tardif au recueil, une couche rédactionnelle postérieure au noyau primitif, reflétant une communauté où le rôle des femmes était devenu un sujet de conflit. La position de Pierre (exclure Marie) pourrait représenter la tendance conservatrice de la communauté ; la réponse de Jésus (la « viriliser ») serait un compromis : les femmes ne sont pas exclues, mais elles doivent « devenir mâles », c'est-à-dire transcender leur condition féminine. C'est une inclusion conditionnelle, non une inclusion inconditionnelle.

Gathercole conteste la thèse de l'ajout tardif et considère que le logion fait partie intégrante du recueil. Il note que la formulation est cohérente avec l'anthropologie de Thomas : la dualité (masculin/féminin) est un état déchu, et le salut consiste à retourner à l'unité. Le « mâle » n'est pas le genre biologique masculin, c'est le symbole de l'état accompli, unifié, spirituel. « Devenir mâle » signifie « devenir pleinement humain » dans le vocabulaire anthropologique de l'Antiquité.

Pagels offre une lecture plus nuancée. Elle note que la réponse de Jésus contredit la demande de Pierre : Pierre veut exclure Marie, et Jésus la garde, à condition qu'elle soit transformée. La pointe du logion n'est pas « les femmes doivent devenir des hommes » mais « Marie ne sera pas exclue ». Jésus défend Marie contre Pierre, comme il le fait dans l'Évangile de Marie, dans Pistis Sophia et dans d'autres textes. La formulation est choquante pour nous, mais la direction du logion est inclusive : Marie reste.

Buckley propose l'interprétation la plus généreuse : « devenir mâle » signifie retourner à l'état prélapsaire, l'état d'Adam avant la séparation d'Ève, l'androgyne originel que Thomas évoque au logion 22. Ce n'est pas une affirmation de supériorité masculine, c'est une aspiration à transcender la différence sexuelle elle-même. La formulation est malheureuse (pourquoi « mâle » et non « un » ?) mais l'intention est de viser l'au-delà du genre, non la domination d'un genre sur l'autre.

Meyer, tout en reconnaissant la charge problématique du logion, insiste sur le fait que Jésus refuse la demande de Pierre. La dynamique narrative est claire : Pierre propose l'exclusion, Jésus propose la transformation. Dans le contexte du IIe siècle, cette réponse est relativement progressiste, même si elle reste inacceptable pour une conscience moderne.

Patterson relie ce logion aux tensions autour du rôle des femmes dans les communautés chrétiennes primitives. Paul lui-même est ambivalent : il salue des femmes comme « collaboratrices » (Rm 16,1-3 ; Ph 4,2-3) mais prescrit le silence des femmes dans l'assemblée (1 Co 14,34-35, passage dont l'authenticité paulinienne est d'ailleurs contestée). Le logion 114 témoigne d'un débat, non d'une conclusion.

Regard catholique

Ce logion est le plus difficile du recueil du point de vue de la théologie catholique, et pour des raisons qui ne tiennent pas seulement à sa présence dans un texte apocryphe.

Premièrement, l'anthropologie sous-jacente (le féminin comme inférieur au masculin) est incompatible avec la doctrine catholique de l'égale dignité de l'homme et de la femme. Le CEC 355 enseigne que « Dieu a créé l'homme et la femme avec une égale dignité personnelle ». Le CEC 369 ajoute : « L'homme et la femme sont, avec une même dignité, "à l'image de Dieu". » Genèse 1,27 : « Homme et femme il les créa », simultanément, sans hiérarchie. Paul, dans Galates 3,28, proclame : « Il n'y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. » La formulation de Thomas (« se faire mâle ») contredit cette égalité fondamentale.

Deuxièmement, la notion que le salut exige la suppression du féminin (et non du masculin) est inacceptable. L'Incarnation chrétienne suppose la dignité de toute la nature humaine, y compris la féminité. La tradition catholique vénère Marie, la Mère de Dieu, comme la plus haute de toutes les créatures (CEC 971), non pas malgré sa féminité mais dans sa féminité. La femme n'a pas besoin de « devenir mâle » pour être digne de la Vie.

Troisièmement, la tradition catholique valorise positivement la complémentarité des sexes. Le CEC 2333 enseigne que « c'est en créant la nature humaine "homme et femme" que Dieu donne la dignité personnelle de manière égale à l'un et à l'autre ». La différence sexuelle n'est pas un défaut à corriger mais une richesse à vivre.

Cependant, l'honnêteté intellectuelle oblige à reconnaître que l'Église elle-même a eu une histoire complexe, et parfois douloureuse, avec la question de la place des femmes. Les Pères de l'Église (Tertullien, Augustin, Thomas d'Aquin) ont tenu des propos sur l'infériorité de la femme qui, pris à la lettre, ne sont pas très éloignés de la position de Pierre dans ce logion. Le concile Vatican II (Gaudium et Spes 29) a marqué un tournant en affirmant sans ambiguïté l'égale dignité. L'évolution de la doctrine est réelle, et elle n'est pas achevée.

Le paradoxe du logion 114

Le paradoxe de ce logion est qu'il est simultanément misogyne dans sa formulation et défensif de Marie dans sa dynamique narrative. Pierre veut exclure ; Jésus inclut. La condition de cette inclusion (devenir mâle) est formulée dans un langage que nous ne pouvons plus accepter, mais l'intention (garder Marie) est en tension directe avec l'expression (la viriliser).

Ce paradoxe en fait un document historique précieux : il témoigne d'un moment de l'histoire chrétienne où la question de la place des femmes était ouverte, disputée, irrésolue. Le logion 114 n'est pas la réponse, il est la trace d'un débat que l'Église continue de mener.

Résonances

La question de la place des femmes dans la vie spirituelle est aussi ancienne que la religion elle-même, et elle n'est résolue nulle part. Le bouddhisme primitif a débattu longuement de l'ordination des femmes ; l'islam a ses propres tensions entre tradition patriarcale et exégèse féministe ; le judaïsme orthodoxe maintient une séparation des genres dans la prière.

Ce qui est remarquable, c'est que le christianisme a produit, dès ses origines, des figures féminines d'une autorité spirituelle considérable : Marie-Madeleine (que le pape François a élevée au rang de « apôtre des apôtres »), Thècle, Perpétue, Félicité, et plus tard Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne, Thérèse d'Ávila, Thérèse de Lisieux, toutes docteurs de l'Église ou martyres. Le logion 114, dans son langage archaïque et problématique, pointe vers une vérité que l'Église a mis du temps à formuler : la sainteté n'a pas de genre. Mais il la formule mal, et c'est précisément cette maladresse qui en fait un document si instructif.

Le dernier logion de Thomas nous laisse avec une question ouverte, ce qui est peut-être, au fond, le message le plus profond de tout le recueil : les « paroles cachées » de Jésus ne livrent pas de réponses définitives. Elles ouvrent des questions que chaque génération doit affronter à neuf.


Concordance

Parallèles canoniques

Paul, Galates 3,28 :

« Il n'y a plus ni Juif ni Grec ; il n'y a plus ni esclave ni libre ; il n'y a plus ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus. »

Analyse comparative

Ce logion final est le plus controversé de tout l'Evangile de Thomas. Il met en scène un conflit entre Pierre et Marie, un schéma narratif que l'on retrouve dans d'autres textes non canoniques : l'Evangile de Marie (Nag Hammadi, BG 8502), où Pierre conteste la légitimité des visions de Marie-Madeleine ; le Pistis Sophia (ch. 36, 72, 146), où Pierre se plaint que Marie parle trop ; l'Evangile de Philippe (logion 55a), qui mentionne que les disciples étaient jaloux de l'intimité de Jésus avec Marie-Madeleine. Dans tous ces textes, Pierre incarne la tradition institutionnelle et Marie la tradition mystique ou gnostique.

La figure de Marie dans ce logion est presque certainement Marie-Madeleine, identifiée comme disciple privilégiée dans la tradition de Nag Hammadi. Dans les canoniques, Marie-Madeleine apparaît comme témoin de la crucifixion (Marc 15,40 ; Matthieu 27,56 ; Jean 19,25), première témoin du tombeau vide (Marc 16,1-8 ; Matthieu 28,1-10 ; Jean 20,1-18), et première à qui le Ressuscité apparaît (Jean 20,14-17 ; Marc 16,9). Luc 8,2 la présente comme celle dont sept démons avaient été chassés. Mais les canoniques ne font jamais de Marie-Madeleine une interlocutrice théologique de Jésus, c'est un rôle que les textes non canoniques lui confèrent.

La formule « la rendre mâle » (hoout) est la plus problématique. Elle a été interprétée de multiples façons :

Pour les lectures gnostiques, le féminin représente le matériel, le divisé, le terrestre, tandis que le masculin représente le spirituel, l'unifié, le céleste. « Devenir mâle » signifierait alors transcender la condition matérielle, non un jugement sur les femmes concrètes, mais une métaphore de la libération spirituelle. L'Evangile des Egyptiens (cité par Clément d'Alexandrie, Stromates III, 13) exprime une idée similaire : « Quand vous foulerez aux pieds le vêtement de la honte et que les deux seront un, et le mâle avec la femelle ni mâle ni femelle. »

Pour les lectures anthropologiques, la formule reflète le contexte culturel de l'Antiquité méditerranéenne, où le masculin était associé à la perfection et à la rationalité (Philon d'Alexandrie, Quaestiones in Exodum I, 8 : « le progrès n'est rien d'autre que le passage du féminin au masculin »). Dans cette perspective, le logion n'est pas misogyne au sens moderne mais exprime, dans les catégories de son époque, l'accès universel au salut.

Pour Buckley et d'autres chercheurs féministes, le logion doit être lu contre Pierre, non avec lui : Pierre veut exclure Marie, et Jésus la sauve en lui garantissant l'accès au Royaume, même si les termes utilisés (« la rendre mâle ») sont inacceptables pour la sensibilité moderne. La réponse de Jésus est une inclusion paradoxale : il ne dit pas « les femmes sont dignes » (ce qui contredirait Pierre frontalement), mais il assure que Marie entrera dans le Royaume, ce qui invalise de fait l'objection de Pierre.

Le contraste avec Galates 3,28 est instructif. Paul abolit la distinction mâle/femelle dans le Christ (« il n'y a plus ni homme ni femme »). Thomas ne l'abolit pas, il la dépasse en transformant le féminin en masculin. La direction est la même (universalité du salut), mais la formulation est radicalement différente. Paul efface la catégorie ; Thomas la hiérarchise pour ensuite la transcender.

Du point de vue de la théologie catholique, le logion est doublement problématique. D'une part, il contredit l'enseignement fondamental de l'égale dignité de l'homme et de la femme (Genèse 1,27 : « homme et femme il les créa » ; Catéchisme n. 355 et 369). D'autre part, la notion même de « devenir mâle » comme condition du salut est incompatible avec l'anthropologie chrétienne qui voit dans la dualité sexuelle un bien de la création, non un obstacle à dépasser. Cependant, le logion a le mérite historique de témoigner des tensions réelles dans les communautés chrétiennes primitives sur le rôle des femmes, tensions que les canoniques ne reflètent qu'indirectement (cf. 1 Corinthiens 14,34-35 : « que les femmes se taisent dans les assemblées »).

Ce logion final, en dépit de sa formulation inacceptable, pose une question que le christianisme n'a jamais cessé de travailler : qui est digne d'entrer dans le Royaume ? La réponse de Thomas, même dans ses termes les plus discutables, est que personne n'est exclu a priori, à condition de s'engager dans la transformation intérieure que le texte appelle « devenir Un ».


Tension avec les évangiles canoniques

Galates 3,28 dit « il n'y a plus ni homme ni femme », Paul efface la distinction. Thomas ne l'efface pas : il la hiérarchise, puis propose de la transcender par la « virilisation ». Les deux textes visent l'universalité du salut ; Thomas y parvient par une voie que Paul ne reconnaîtrait pas. Dans les canoniques, Marie-Madeleine est témoin du ressuscité, pas une disciple à transformer. L'image thomasienne de la « virilisation » est sans équivalent dans le Nouveau Testament.

Interprétation directe

Ce logion est le plus difficile à lire depuis un regard catholique. La formulation est incompatible avec la doctrine de l'égale dignité de l'homme et de la femme (CEC 355, 369). Mais il serait malhonnête de le condamner sans noter que l'Église elle-même a eu une longue histoire de textes patristiques qui ne sont pas si éloignés de la position de Pierre dans ce logion. Le logion 114 a le mérite de rendre visible un conflit qui existait, et qui a encore des échos aujourd'hui. Il finit Thomas sur une question ouverte, non sur une réponse : qui est digne de la Vie ? Thomas répond : tous, à condition de la transformation intérieure que tout ce recueil décrit. C'est peut-être le meilleur résumé possible.


Erreur fréquente : Lire ce logion comme une condamnation des femmes par Thomas. La dynamique du texte est inverse : Pierre condamne, Jésus inclut. La formulation est problématique ; l'intention de Jésus dans le logion est inclusive. Ces deux choses sont vraies en même temps, et c'est précisément ce qui rend ce logion si difficile à manier.

À retenir

  • Le logion final est le plus controversé, il révèle les tensions autour du rôle des femmes dans les premières communautés
  • La formulation « se faire mâle » doit être lue dans son contexte anthropologique antique : « masculin » = spirituel, accompli, non biologique
  • La dynamique narrative va contre Pierre : Jésus inclut Marie, même si les termes de cette inclusion sont inacceptables pour nous

Vous lisez un extrait de L'Évangile de Thomas

L'édition imprimée réunit les 114 logia : texte français, copte translittéré et anglais en regard, commentaire théologique et concordance complète. Guillaume Whitebird, 564 pages.

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